| De ces héros, Marquette et Jolliet, pourtant en mission officielle au service du Louis XIV, l’histoire française, omnibulée par le destin de Cavelier de la Salle, le conquérant de « la Louisiane », n’a rien retenu ou presque. L’histoire américaine, en revanche, a conduit au panthéon des fondateurs de l’Amérique moderne, le missionnaire de la Compagnie de Jésus, Jacques Marquette, qui fut adulé des Amérindiens de toutes les nations du Mississippi et des Grands Lacs. Il était né à Laon, dans l’Aisne, en 1637 et mourut en 1675 sur la rive est du lac Michigan. Quant à Louis Jolliet, Québécois d’origine et fameux « canoteur », seigneur de l’île d’Anticosti et explorateur du Labrador par la suite, il est aujourd’hui au centre de l’histoire canadienne francophone. L’époque (1666-1675) où se déroule ce récit (voir le Père Marquette à la découverte du Mississippi par Yves-Marie Lucot) est bien celle des entreprises gigantesques, tant par l’étendue des terre explorées que par l’audace des aventuriers, Français, Canadiens ou Franco-Indiens. |
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| Les historiens américains considèrent que la surface explorée correspond à la superficie de l’Europe, depuis les Appalaches jusqu’au delta du Mississippi, et plus loin à l’ouest vers les Rocheuses. Toutefois, et c’est le cas pour l’expédition du père Marquette, la politique des autorités de Nouvelle-France envers les découvreurs n’a jamais été celle de la récompense aux mérites des efforts fournis. On peut estimer que la France détient le record du nombre de citoyens devenus célèbres malgré elle. Même Cavelier de la Salle, pourtant favori du Gouverneur de Nouvelle-France, le comte Louis Buade de Frontenac de Palluau, se voit acculé à la faillite par les exigences de l’administration française, frileuse à la perspective de s’enfoncer entre les possessions coloniales anglaises, à l’est du Grand Fleuve, et espagnoles autour de son delta. Colbert quant à lui craignait une dispersion des colons vers l’ouest. Disons donc que la valeur personnelle d’une minorité entreprenante, dont les découvreurs, sut heureusement pallier la politique des autorités de Nouvelle-France basée sur une concentration des colons le long du Saint-Laurent, écrivait en 1977 l’historien Georges Gomme. |
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