Natif d’Amiens, Jean Dequen, voit le jour en mai 1603. Il entre au noviciat des jésuites d’Amiens en 1620 et commence sa carrière comme régent de collège, successivement à Paris, Clermont, Amiens puis Eu. C’est au titre de professeur qu’il débarque à Québec le 17 août 1635, afin d’enseigner au collège de Québec, qui vient d’ouvrir ses portes. Mais la toute jeune province ne peut s’offrir le luxe de mobiliser l’un de ses rares prêtres au seul service de l’enseignement dans la cité, et le père Dequen se voit rapidement confier une cure, celle de Notre-Dame de la Recouvrance, ainsi qu’une mission, celle de Sillery, en 1640. Il s’occupe alors activement de seconder les religieuses hospitalières qui viennent d’y ouvrir un hôpital et qui ne sauraient suffire à la tâche.
Il prend en main la mission de Trois-Rivières de 1642 à 1656, date à laquelle il devient supérieur des missions de la Nouvelle-France et rédacteur attitré des Relations annuelles, comme avant lui Jérôme Lallemant ou Ragueneau1. Il meurt en 1659, à Québec, touché par l’épidémie qu’il contribuait à soigner. Ces quatorze ans de missions donnent encore aujourd’hui sa notoriété au père Dequen par delà l’Atlantique ; c’est la seule durant laquelle le rédacteur des Relations, source essentielle de connaissance sur la carrière des missionnaires, met en scène Jean Dequen, cheville ouvrière des tentatives de percée exploratrices vers la rive nord du Saint-Laurent et observateur attentif du peuple Montagnais, dont il apprend la langue entre 1642 et 49.
1 Lalemant, Jérôme, S.J., Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-France […] en l’année 1647, Paris, Sébastien Cramoisy, 1648.
Ragueneau, Paul, S.J., Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-France ès années 1648 et 1649, Paris, Sébastien Cramoisy, 1650.
I Un explorateur
Victime de son aventure ?
En aval de Québec sur le Saint-Laurent, l’anse de Trois-Rivières est un centre d’échanges majeur pour la traite des fourrures à la belle saison, la dernière escale des navires français avant Québec, et un carrefour des différentes tribus amérindiennes. Dequen y déploie une activité de missionnaire sédentaire et nomade, pour aller à la rencontre des peuples résidant en amont des rivières qui se déversent dans le Saint-Laurent. Il invente ainsi une mission nomade avec le père Jacques Buteux, autre Amiénois d’origine, qui finit sous les coups des Iroquois en 1652. Ce faisant, il explore les confluents du grand fleuve.
Le chapitre XII de la relation de 1647 montre ainsi J. Dequen qui se porte au devant de la mission de Sainte-Croix, à Tadoussac1. La bourgade est située en amont de Québec et le voyage n’y est possible qu’après le dégel du fleuve, au printemps. Il est donc habituel que les Montagnais ne s’y rassemblent qu’à la belle saison, alors qu’ils sont dispersés tout l’hiver pour chasser loin du fleuve, axe d’échange commercial. Les communautés chrétiennes qui y sont constituées sont donc itinérantes et longtemps éloignées de la présence d’un prêtre. Comme les natifs du pays, c’est au printemps et en été que Dequen déploie une infatigable activité de voyageur, de coureur des bois qui rejoint les communautés isolées tout au long de l’hiver.
Il est le premier Français à décrire et explorer, à l’été 1647, le lac Piékouagami, qu’il baptise lac Saint-Jean, nom qui lui reste encore aujourd’hui. Il retourne régulièrement sur les rives de ce lac jusqu’en 1652, puis fait de même pour rencontrer les Oumaniois. L’objectif de ses expéditions n’est jamais un désir gratuit de courir le monde, mais toujours de se porter à la rencontre d’un groupe ou d’une tribu qui le demande : « Ayans apris que quelques chrestienx estoient malades en ce quartier là, il s’y fit conduire par deux sauvages, avec des peines épouvantables », rapporte son biographe, Jérôme Lallemant, sur la foi du rapport de Jean Dequen1. Pour bien confirmer que la curiosité géographique ou la vanité du découvreur n’entre jamais en ligne de comte dans la décision de suivre les indiens vers des contrées inconnues, les difficultés du voyage ne sont pas occultées. La rhétorique des Relations économise toujours les obstacles matériels de la vie des missionnaires, froid, famine, difficulté sans limite à apprendre les langues indiennes, isolement et peur sont rejetées avec une pointe d’humour ou mises au rang de « pain des anges » au regard du bonheur de rencontrer les modèles de vie chrétienne que sont les indiens, d’une manière générale.
1 Op. cit., p. 174-176.
1 Jérôme Lallemant…, éd. cit., p. 167
Or le récit du voyage vers la tribu des Porcs-épics, les Kakhouchakhi du lac Saint-Jean, révèle avec toutes les difficultés possibles. Il dure « cinq jours », du 11 au 16 juillet 1647. Dequen recense 10 portages d’une demi lieue à une et demie (de 2 à 6 kilomètres), c’est-à-dire des passages d’une rivière à l’autre ou d’un courant trop rapide à une partie du fleuve plus navigable, sur des chemins « qui n’ont esté faits que pour des bestes sauvages tant ils sont affreux. Il faut trancher des montagnes, passer des precipices cachéz dans l’abysme des forests ». L’adjectif « affreux » est répété pour qualifier les montagnes qui environnent le profond fleuve Sagné, puis pour les courants du Kenogami, que la petite troupe remonte contre un « vent très froid » bien qu’on soit au beau milieu de l’été. Le dernier cours d’eau,
emprunté dans le sens de la descente est « tout calme », mais bordé « d’aulnes et de broussailles qui nous importunoient au dernier point ». Pour Dequen, la nature est donc hostile et effrayante, elle n’est pas objet d’émerveillement et le père ne tire aucune satisfaction particulière de la découverte du lac, alors que ce fait est aujourd’hui l’origine de sa notoriété. La vraie satisfaction vient tout entière de la rencontre avec « ces bonnes gens » de la tribu des porcs-épics qui accueillent le père « comme un homme venu du ciel » « ne croyans pas que j’aurais jamais eu le courage de franchir tant de difficultés pour leur amour ». La rigueur de la nature, paradoxalement riche puisque le lac est « profond et fort poissonneux », riche de « brochets, de perches, de saumons, de truittes, de poissons dorés, de poissons blancs, de carpes et quantité d’autres espèces », accroît la pitié ressentie pour le dénuement des ces indiens, révélé par la nature même de leurs pauvres cadeaux « un petit morceau de poisson séché à la fumée, […] un peu de chair boucanée. » L’interprète du père souligne le paradoxe de cette nature qui s’offre sans se donner pour un peuple contraint à la misère : « nous n’avons point de rets pour pescher du poisson et les eaux sont trop grandes pour prendre du castor ». Les Algonquins du lieu sont si éloignés des carrefours commerciaux qu’ils pêchent encore au dard faute de pouvoir se procurer des filets, alors fabriqués par les seuls hurons.
Le séjour parmi les Porcs-épics dure trois jours, pendant lesquels Dequen s’émerveille de la générosité de ces pauvres, démunis de tout ; ils bâtissent une église d’écorces de leur propre chef et offrent au père une peau de castor entière. Le chapitre se conclue sur les dangers du retour : « si les torrents sont difficiles à franchir en montans, ils sont bien dangereux en descendant » et la joie « d’avoir donné quelque secours à ces abandonnés ».
Le moment de paix offert par une nature qui se laisse à peine domestiquer n’est pas une fin en soi pour Dequen ; elle offre la possibilité de s’entretenir avec les indiens, qui restent en permanence au centre de ses préoccupations. Tout le récit n’est conçu que pour les observer et témoigner d’une spiritualité autochtone qui déborde totalement les enseignements du jésuite.
II Un témoin discret
Evangélisateur plus que géographe, ce sont les hommes qui intéressent le père Dequen, plus que la description des rivages. Aussi les témoignages qu’il laisse mettent-ils largement en scène les indiens eux-mêmes, dans leur manière de recevoir puis de vivre la nouvelle religion qu’ils adoptent. Dequen se fait alors témoin en retrait de phénomènes d’acculturation qu’il affirme accompagner plus qu’il ne les suscite. Sous sa plume et celle du rédacteur de la relation de 1648, Jérôme Lallemant, ce sont les Montagnais qui semblent directement inspirés par l’esprit saint. Il est habituel dans la rhétorique établie progressivement par les rédacteurs des Relations successives, de mettre très peu en valeur les actions des missionnaires, sauf pour relater le martyre que connurent plusieurs d’entre eux. L’enjeu est alors bien particulier ; il s’agit de faire reconnaître officiellement le martyre et de promouvoir la cause pour la béatification en favorisant un mouvement de dévotion dans le public européen et cultivé des Relations jésuites.
1 Op. cit., p. 306-317
2 Op. cit., p. 309
« Dieu veuille que les résolutions soient fermes et qu’enfin nous partions une bonne fois et que le ciel soit le terme de nostre voyage. Haec spes reposita in sinu meo »2.
« J’ay grand besoin de prières. Je demande en toute humilité celles de vostre Révérence et de nos Pères. Le cœur me dit que le temps de mon bonheur s’approche. Dominus est, quod bonum est un oculis suis faciat »3.
Bien que la source principale des Relations soit effectivement la teneur des témoignages écrits ou oraux des missionnaires eux-mêmes, que le Supérieur du moment compile et organise, il est rare que le signataire n’assume pas en majorité l’énonciation de la relation. Signataire, il écrit et commente à partir des témoignages reçus : le choix de céder la parole momentanément à l’un des acteurs des missions relève toujours de l’exception et de la reconnaissance d’un moment de particulière signification, au titre desquels le martyre occupe une place fondamentale.
Au contraire, dans le chapitre IV du même ouvrage, le Père Dequen, acteur principal de la mission de Tadoussac, voit ses actes rapportés exclusivement par son Supérieur, qui reprend à son compte le rapport du prêtre : « Nous avons desjà remarqué dans les relations précédentes que Tadoussac n’est autre chose qu’une anse ou comme un grand bassin d’eau »1. Ce n’est que dans la seconde partie du récit que Ragueneau fait entendre directement la voix de son missionnaire. Encore ne l’introduit-il que fort discrètement, sous la mention « l’un des deux pères qui ont recueilly cette année les fruicts de cette vigne »2. La métaphore renvoie immédiatement à la parabole christique des vendangeurs, qui amoindrit considérablement le rôle pastoral des jésuites.
1 Paul Ragueneau, op. cit., p. 296.
2 Ibid., p. 302.
1 Paul Ragueneau, S. J., op. cit., p. 280-281.
2 Job, 19, 27.
3 1 Reg. 3, 18.
Le mode de vie nomade des Montagnais, dispersés tout l’hiver et rassemblés seulement au printemps, explique en partie leur autonomie et leur esprit d’initiative pour entretenir la foi nouvelle qu’ils ont adoptée. Lorsqu’ils reviennent à la mission, « Les petites et les grands, les baptisez et les non-baptisez sçavoient toutes leurs prieres et le petit devoir d’un bon chrestien. Ceux-là même qui n’avoient jamais veu d’Européens estoient instruits, en sorte qu’il ne leur manquoit plus que le baptesme. »
1 Voir par exemple, le récit d’Alexandre de Rhodes, op. cit.
2 Ibid., p. 304.
3 Saint Augustin, Confessions, XV, 8, 19 : « Les ignorants se dressent et se saisissent du ciel ».
4 Jérôme Lallemant, op. cit., p. 161-167.
Le récit de 1647, mené par le père Lallemant, de la venue des Atticamègues à Trois-Rivières est le plus remarquable. Le père Dequen, empêché de rejoindre la tribu pour diriger une prière vespérale, constate, le lendemain, sur le rapport d’un Français présent avec eux qu’ils non nul besoin de lui4.
« Le père voulut eprouver si ce que disoit le François estoit veritable. Il se trouva le lendemain dans leurs cabanes et leur dit : Faites vos prieres comme vous les faites dans les bois. Je ne suis pas venu pour les faire, mais pour y repondre avec vous ».
Jean Dequen vient à la fois vérifier l’exactitude de ce qui lui a été dit, et participer à l’oraison collective. Le pasteur renonce à son rôle de guide ; il se laisse à son tour mener, pour mieux connaître les résultats de l’Evangélisation : il récolte au lieu de semer, comme l’avait annoncé le narrateur initial. Ce qu’il récolte, n’est pas le fruit mérité de ses propres efforts : aucune raison, à suivre le récit, de féliciter l’œuvre missionnaire, largement dépassée par la nature profondément bonne de ce peuple, et surtout, par une œuvre à son sens de plus haute origine :
« Le père fut surpris. Il ne reconnaissoit plus les prieres qu’il leur avoit enseignées. Elles estoient accreues de quantité d’oraisons à Jesus-Christ, à la sainte Vierge, à son glorieux espoux saint Joseph… En un mot, ils faisoient paroistre que ces prieres provenoient d’un esprit plus haut et plus sublime que celuy des hommes. » Après cette révélation d’un Esprit saint agissant parmi eux, « je me donnay bien garde, dit le père, de leur faire reciter leurs prieres les jours suivants. Je n’eusse approché de tout ce qu’ils disoient »1. Le jésuite est donc totalement en retrait. Sa parole dans la narration générale est réduite à la portion congrue par celle du narrateur qui reprend à son compte le témoignage, et par les discours indiens eux-mêmes, meilleurs outils d’édification que celles du professionnel de la rhétorique qu’est pourtant le père. Il se contente « de leur faire un petit mot d’instruction », dont le contenu n’est même pas rapporté et administre les sacrements, comme le lui ordonne sa fonction sacerdotale.
Dequen ne semble donc tirer aucun mérite de son action : tout contribue à le présenter comme pur miroir des peuples qu’il rencontre, reflétant un esprit à l’œuvre parmi un peuple près à le recevoir. Il se conforme exactement à l’annonce eschatologique qui justifie l’effort missionnaire propre aux jésuites, en Orient, comme en Occident. La parabole du semeur, présente dans les évangiles synoptiques annonce le Royaume des cieux : « il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment…Et quand le fuit s’y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point.2 »
1 Ibid., p. 162.
2 Marc, 4, 26.
Tout l’effort missionnaire n’est possible qu’avec la certitude de l’universalité du dogme catholique : si l’Esprit saint, sous forme d’une grâce, n’était déjà présent comme semence partout où se rendent les pères, il s’agirait de convertir véritablement des peuples marqués par une radicale altérité. Tout est fait, au contraire, dans les Relations, pour amoindrir la part de l’altérité, la difficulté énorme des pères pour apprendre et transcrire les langues amérindiennes (Dequen a appris le Montagnais depuis 1640), puis les dogmes et réalités présentes dans l’Evangile. Dans la relation de Dequen, le jésuite, qui suit presque littéralement la parole évangélique, se veut simple semeur et moissonneur d’une terre et d’un peuple déjà marqué par la Grâce. Les missionnaires révèlent ce qui est caché, mais déjà présent en germe ; il ne leur appartient pas de se substituer au don gratuit de la Grâce divine, présent pour tous les hommes. C’et pour cette raison doctrinale fondamentale que le rôle individuel de chaque missionnaire ne peut être mis en valeur que dans son résultat et non dans son effort. L’homme en robe noir, comme le nomment les amérindiens, est témoin des merveilles que vivent les indiens, dans cet épisode d’appropriation et d’acculturation de la foi catholique.
Alexandre de Rhodes, Voyages et missions du père Alexandre de Rhodes en la Chine et autres royaumes de L’Orient, Paris, Julien, Lanier et Cie éd., 1854.
Campeau, Lucien, Monumenta Novae Franciae, Montréal, Bellarmin, 1967-1992, 7 vol.
Deslandres, Dominique, Croire et faire croire. Les missions françaises au XVIIè siècle, Paris, Fayard, 2003.
Lalemant, Jérôme, S.J., Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-France […] en l’année 1647, Paris, Sébastien Cramoisy, 1648.
Ragueneau, Paul, S.J., Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-France ès années 1648 et 1649, Paris, Sébastien Cramoisy, 1650.
Roustang, François, éd., Jésuites de la Nouvelles France, Paris, Desclée de Brouwer, 1961.
Il chargea Marc Lescarbot de rédiger, pendant l’été 1608, une Histoire de la Nouvelle-France destinée à montrer ses mérites de colonisateur et lui demanda d’écrire en son nom, en octobre 1608, une lettre au pape Paul V dans laquelle il lui faisait dire - en latin : « En réalité, je ne cherche pas une contrée où abondent l’or et l’argent. Loin de moi la pensée de m’enrichir des dépouilles de peuplades lointaines. Tout mon désir, la grâce de Dieu aidant, si je puis l’obtenir, avec une bonne traversée, est de gagner au Christ ces populations disséminées […] » .
Henri IV refusa de lui fournir directement des subsides et préféra attendre pour en accorder à deux pères jésuites devant être recrutés par son confesseur, le P. Coton . Seul Eric de Lorraine, l’évêque mystique de Verdun , sembla finalement intéressé. Il promit à Jean de Biencourt de lui donner quatorze mille livres. Fort de cette promesse, celui-ci acheta un navire, recruta un équipage et fit un fret considérable. Mais au moment de payer la note, Eric de Lorraine refusa, d’où un procès auquel vinrent s’ajouter des difficultés dues à la succession de Jeanne de Salazar, la mère de Jean de Biencourt décédée entre-temps.
Devenu par héritage baron de Saint-Just en Champagne , celui-ci n’était pas encore parti en Acadie lorsqu’il rencontra Henri IV à la Cour à la fin de 1609. Le roi le tança vertement pour sa lenteur, ce qui poussa Jean de Biencourt à ne pas attendre plus longtemps . Comme le monopole de Dugua de Mons n’était pas prolongé , il espérait pouvoir s’en faire attribuer un pour son propre compte en faisant baptiser au plus vite un grand nombre d’indigènes. Restait toutefois à trouver un prêtre désireux de l’accompagner.
A la fin de 1609, Jean de Biencourt rencontra le P. Coton. Celui-ci lui proposa de partir avec les deux jésuites qu’il avait déjà recrutés, mais Jean de Biencourt déclina la proposition, en prétextant qu’il n’était pas encore en mesure de les accueillir convenablement au Port-Royal . Connaissant les exigences des membres de la Compagnie de Jésus en matière de conversion, il préférait rechercher un prêtre plus accommodant . Il le trouva - peut-être par l’intermédiaire de quelques chanoines de Troyes - en la personne de Jessé Fléché, natif de Lantages dans le diocèse de Langres. Le pape Paul V ayant été heureux de connaître le projet de Jean de Biencourt de convertir les sauvages de la Nouvelle-France, celui-ci obtint aussitôt une entrevue avec le nonce Roberto Ubaldini qui accorda à Jessé Fléché la permission d’absoudre de tous péchés et crimes non réservés expressément au Siège apostolique, ainsi que le pouvoir de consacrer et de bénir « des chasubles et autres vêtemens sacerdotaux et des paremens d’autels, excepté des corporaliers, calices et patènes » .