l'Amérique française : Les découvreurs Picards

Jacques Marquette


Saint-Laurent, Québec, Grands Lacs, Chicago,
Mississippi… Laon… Quel fil ténu mais indéfectible relie ces noms qui, encore, font rêver ?
Fil de mémoire à la démesure d'un monde nouveau qui se dévoile…
Mémoire d'une épopée, mémoire des hommes, mémoire d'un homme… Il s'appelait Jacques, Jacques Marquette,
"Robe Noire " pour les Indiens d'Amérique…
Pourquoi, en cet été 1673, descend-il le cours inconnu du Grand Fleuve des Indiens, le "Messi-Sipi", avec six compagnons comme lui décidés à braver tous les périls ?
Au cours des siècles qui vont suivre, l'Amérique gardera le souvenir de ce Français. Mais qui est-il ?

Héritier des principes et des convictions d'une grande famille laonnoise, Jacques Marquette est né à Laon en 1637 (on ne possède pas d' "acte de naissance " mais son acte de baptême -St Pierre-le-Vieil ancienne paroisse Laon). Il entre, en 1654, à la Compagnie de Jésus où se développe sa vocation missionnaire : 1666, c'est le départ, sans retour, vers la Nouvelle-France. En 1675, il meurt sur les bords du lac des Illinois (Michigan) en ce pays "indien" qu'il aimait tant et où il était tant aimé.
Ces neuf courtes années ont suffi à auréoler ce Laonnois d'une exceptionnelle célébrité en Amérique du Nord, mais, paradoxalement, la France l'ignore. Missionnaire parmi les missionnaires, pionnier parmi les pionniers, Jacques Marquette va rester, en Amérique, la figure emblématique de la civilisation française.

L'action missionnaire du Père Marquette se situe dans la seconde moitié du 17ème siècle où, après une installation sur les rives du Saint-Laurent, les Français désirent étendre la colonie et partent vers l'ouest à la recherche de nouveaux territoires pour intensifier le commerce des fourrures et découvrir éventuellement d'autres richesses. Les Jésuites ont installé des missions jusqu'aux Grands Lacs, et les trappeurs ont sillonné cette immense région. Le régiment Carignan-Sallières a pacifié les territoires que les Iroquois rendaient dangereux et de nombreux forts jalonnent le cours des rivières. Cependant, une question primordiale reste en suspens : existe-t-il un passage vers l'Ouest ? vers la Chine et les richesses de l'Orient ? Les peuples autochtones avec lesquels les Français sont en contact parlent d'une grande rivière qu'ils appellent Messi-Sipi ou encore Mitchisipi et qui coule loin, si loin, qu'aucun d'entre eux n'en connaît la fin. S'agit-il du passage tant espéré ?